Sur ma Route

Une Grenouille au Texas – Retour sur Quatre Années d’Expatriation – Episode 1 : Le Cercle Social

Voilà un an jour pour jour que j’ai quitté mon “American Dream”

Hier je me suis demandé quel serait mon sujet pour cette semaine. J’avais un sujet encore très personnel à aborder. Il était presque bouclé mais je décide de le garder pour plus tard… Je ne vous ai encore jamais vraiment parlé de ces quatre années d’ expatriation aux Etats-Unis… Non pardon… Au Texas…Cette précision est capitale car c’est un pays dans le pays avec sa propre culture, ses propres traditions et sa propre mentalité. Voilà un an jour pour jour que j’ai quitté mon “American Dream”. Il est temps aujourd’hui de commencer à vous en faire part.Une multitude de partage de tranches de vie.

Et si nous commencions par les relations humaines ? Car finalement, où que je sois, je peux me sentir chez moi à  partir du moment où je reçois ma dose hebdomadaire de chaleur humaine … Qu’en ai-je retiré après quatre ans ? Les Américains et surtout les Texans sont un peuple magnifiquement accueillant et très ouvert au premier abord. C’est un sentiment tellement plus agréable que lorsque vous arrivez quelque part et que personne ne vous dit bonjour ou ne vous adresse un sourire. J’aime cette chaleur. Un exemple ? Cette ouverture envers la personne qui allait s’assoir à côté de moi dans l’avion. D’ici la fin du vol je connaissais son prénom, d’où elle venait et où elle allait … Une multitude de partage de tranches de vie.

Il est  très difficile de pénétrer les couches plus profondes.

En revanche, les américains se rejoindront, en général, tous sur un point ; une fois cette première carapace très chaleureuse, il est ensuite très difficile de pénétrer les couches plus profondes. Celles que nous caractériserons d’intime ou d’amitié. Ils ne sont, malheureusement, pour la plupart que des connaissances qui ont croisé notre route. Vous me direz alors, mais comment faire pour tisser des liens d’amitié ?

Pour nouer des liens d’amitié aux Etats-Unis et particulièrement au Texas, il s’est offert à nous plusieurs choix. Nous pouvions décider de nous intégrer au cercle d’expatriés. Rien de plus simple… Il y a 10 000 Français sur Houston… Nous souhaitions éviter ce biais là, dans la mesure du possible, car nous avions choisi de nous plonger un maximum dans ce que la culture américaine avait à nous offrir. Nous ne voulions pas retomber dans une bulle. Pourquoi quitter la France si c’était pour retrouver à nouveau ma zône de confort un sein d’un microcosme Franco-français ?

 L’un d’entre eux est très vite devenu un de nos meilleurs amis.

Le travail est, à mon avis l’un des moyens les plus évidents pour tisser des liens quand vous arrivez de l’autre bout du monde. Mon homme passait 8 heures par jour au moins avec ses collègues…C’était une bonne opportunité pour doucement apprendre à se connaître et échanger. C’est par son travail que nous nous sommes fait la majorité de nos connaissances. Il lui suffisait de rejoindre les collègues à l’after work (petit verre après le travail) et de refaire le monde sportif : Football Américain, Baseball, Basketball et Hockey. Si vous êtes un homme et que vous voulez vous intégrer rapidement, le sport sera votre plus grande arme. La politique, la religion, la santé… sont des sujets tabous qui ne peuvent être abordés qu’une fois que nous connaissions très bien une personne. Mon cher et tendre a donc eu la chance de lier des liens très forts avec certains de ses collègues. L’un d’entre eux est très vite devenu un de nos meilleurs amis.

Le home office fut un très grand cadeau de ma boîte mais aussi mon plus grand poison social.

Etant en home office je n’ai pas eu l’occasion, de mon côté, de cotoyer quotidiennement des collègues. Le home office fut un très grand cadeau de la société qui m’emploie toujours aujourd’hui mais aussi mon plus grand poison social. J’avais accepté cette option de me faire transférer par ma boîte tout en suivant mon mari. Un confort, une sécurité… Les deux premières années, ce fut la découverte des lieux et l’exotisme. Je ne recherchais donc pas absolument à construire de relation profonde. Mais après deux ans, je n’étais plus à la découverte. Je posais mes valises et recherchais à construire mon cercle social, ma base. Cependant, pour les raisons évoquées précédemment, je n’arrivais pas à trouver ce lien profond…

Et là, je l’ai rencontrée… Ma meilleure amie

Une fois devenue mère, j’ai essayé de tisser des liens avec d’autres mamans autour de playgroup ou de daycare. Cependant, les horaires n’étaient adaptés qu’à des mamans qui ne travaillent pas et non aux femmes actives. Les conversations et activités tournaient, de plus, principalement autour des enfants. Certaines femmes peuvent s’épanouir en étant mère mais moi cela ne me suffisait pas. J’avais besoin d’exister autrement. J’avais besoin de ce rapport humain en complément de mon mari et de ma fille. Et là, je l’ai rencontrée… Ma meilleure amie, alors que je ne la cherchais plus. Une voisine extraterrestre qui aimait passionnément l’Europe et la France, rencontrée par hasard au bord d’une piscine…

Et oui, finalement, les deux meilleurs amis que nous nous sommes fait ne sont pas des américains conme les autress. Lui est mexicain, il est arrivé enfant aux Etats-Unis et a été naturalisé. Mais il reste latin dans l’âme, dans sa façon d’être, ça façon d’aimer ou même de détester. Dans sa façon de parler sans filtre. Elle est de l’Ohio. Elle a une ouverture d’esprit extraordinaire : elle aime l’Europe et la France car elle y a étudié pendant une année. Sa façon d’exprimer ses sentiments et ses émotions est aussi très entière. Ils ont été là pour nous dans les moments difficiles. Ils font partie de notre famille et nous les aimons profondément.

C’est ce qui fait que je ne suis plus tout à fait Française aujourd’hui.

L’accueil des gens, leur façon très relax de prendre les choses, leur aisance à briser la glace ainsi que ces deux personnes exceptionnelles : voilà ce que j’ai rapporté avec moi de Houston. C’est ce qui fait que je ne suis plus tout à fait Française aujourd’hui. J’espère pouvoir, tout au long des rencontres de la vie, emporter un peu de ces expériences humaines et les laisser me faire grandir.

Et vous qu'en pensez vous ?