Sur ma Route

The Price of Admission : La Tolérance peut-elle s’Apprendre ?

Accepter les petits défauts des autres afin de pouvoir profiter pleinement de ce qu’ils ont à nous offrir.

Au moment où je vous écris, je regarde mon adorable collègue chinois manger ses nouilles dans un bruit d’aspirateur tonitruant. Par le passé ce bruit très précis m’aurait donné des frissons parcourant l’intégralité de ma colonne vertébrale jusqu’à mon crane pour y faire retentir un message d’urgence :  » Mayday, mayday !!! C’est insupportable !!! « . Ce même frisson d’agacement, voire d’horreur, parfois, me parcourait pour toute personne reniflant à répétition, tout mouchoir laissé trainé par mon homme… Bref… la fille bien exigeante…

Et, un jour, cela m’a frappée. Oh grande révélation : Je n’étais pas parfaite ! Par où commencer ? J’ai une voix assez spéciale, que j’utilise avec un volume assez élevé et qui peut, j’en suis consciente, saouler les autres à la longue. Oui, je suis mentalement structurée et je maintiens en ordre systématique notre maison. Mais, en revanche, si je laisse l’évier sale, derrière moi, après avoir cuisiné, cela ne me dérangera pas le moins du monde… Bref, moi aussi, je peux exaspérer les autres. Comme je le disais dans un précèdent article, je ne suis pas parfaite et heureusement. C’est ce que ma collègue anglaise appelle « the Price of admission ». Accepter les petits défauts des autres afin de pouvoir profiter pleinement de ce qu’ils ont à nous offrir.

Il y a un référentiel culturel à prendre en considération.

Ces même personnes chinoises qui reniflent trouveraient affreusement dégoutant de se moucher dans un mouchoir que l’on remettrait, ensuite, dans notre poche. Pourtant, nous, européens, faisons cela très régulièrement sans en être choqués… Il y a donc, premièrement, un référentiel culturel à prendre en considération. Quelles sont nos valeurs ?  Qu’est la normalité dans notre style d’éducation ? Qu’est ce qui est anormal ? Non habituel ?

Nous aimons critiquer le pays d’à côté, notre voisin, le sexe opposé… Des fois, ils nous agacerons simplement parce qu’ils se permettent ce que nous ne nous permettrons jamais. Je suis irritée de me faire doubler à la boulangerie. Pourtant je ne suis pas pressée et je ne suis pas à une personne près. Mais cela m’agace car je ne me permettrais pas, moi-même, de doubler… Je ne vous parle pas de mon choc lorsque j’arrive en Chine où le concept de « faire la queue » n’existe tout simplement pas. C’est à celui qui jouera des coudes où qui se faufilera le mieux. Et c’est absolument normal pour eux. Mais quand ces mêmes pauvres chinois essayent cette méthode pour embarquer sur leur avion pour Shanghai au départ de l’aéroport de Zurich, je vous laisse imaginer l’agacement des suisses allemands qui eux prônent une structure plus que carrée.

Apprécions-le en acceptant aussi son prix !

Alors chaque jour je travaille sur mes œillères. J’essaye de les ouvrir un peu plus à la tolérance et à l’acceptation. Merci à ma collègue anglaise d’avoir mis un nom sur ce travail de tout instant. Bon, soyons honnêtes : en cas de grosse fatigue ma patience et mon degré d’acceptation seront bien limités. Mais je me suis engagée à faire beaucoup plus d’efforts afin de ne plus me focaliser sur le mouchoir qui traine mais sur le magnifique mot de soutien lancé par mon homme. De moins me focaliser sur les critiques négatives involontaires de ma maman et plus sur l’affection qu’elle porte à ma puce. De ne pas me focaliser sur les bruits d’aspirateur de mon collègue mais sur la nourriture succulente qu’il m’offre à chaque repas.

Je l’ai déjà dit auparavant, ne prenons pas pour acquis ce qui nous est offert chaque jour. Apprécions-le en acceptant aussi son prix !

Et vous qu'en pensez vous ?