Sources d'Inspiration

S’Effacer pour Rayonner : Et si nous Parlions en Dernier pour Laisser Place aux Autres?

Quelle grande source d’inspiration que cet homme …

Nelson Mandela racontait, qu’étant enfant, il assistait régulièrement aux conseils des anciens de son village dont son père était le chef. Son père était, alors, toujours le dernier à parler pour laisser place aux autres. Il attendait que chacun ait eu l’occasion de s’exprimer, d’être entendu. Il prenait ensuite la parole, en reprenant les propos principaux de chacun ; démontrant, ainsi, qu’ils avaient eu toute son attention. Puis, il en partageait sa propre vision nuancée par ce qu’il venait d’entendre. Il ne s’agissait pas d’arriver avec ses idées toutes faites et d’éventuellement avoir l’avis des autres, les écoutant d’une oreille. Non, il s’agissait de faire sentir à chacun qu’il avait son importance. Quelle grande source d’inspiration que cet homme … Et moi dans tout ça ? Est-ce que je laisse suffisamment de place à l’avis des personnes qui m’entourent ? Ont-elles l’impression de compter ?

Petite rétrospective… Il y a 15 jours de cela, j’organisais un séminaire pour nos équipes internationales. Il s’agit d’un évènement annuel modeste que j’adore organiser et qui consiste à rassembler nos experts européens, chinois et américains autour d’ateliers où nous décidons des directions stratégiques à prendre. L’animation d’ateliers coule dans mes veines. J’adore ça. J’aime le principe de partir d’une feuille blanche, voir comment les idées créatives naissent dans l’esprit de chacun et les rassembler en un message, une décision commune. J’aime aussi voir la façon dont un tel évènement peut les rapprocher, eux qui, pour le reste de leur quotidien, sont disséminés à travers le globe. Voir comment, en établissent un environnement de confiance et de convivialité, ils peuvent s’ouvrir tout au long de la semaine. Avec du recul, j’ai la conviction que, dans une telle configuration, je les écoute, je les guide et je consolide leurs idées. Je n’impose surtout pas. Bon point pour moi !!!

« Parler en dernier »

Maintenant, qu’en est-il de laisser la place aux autres pour animer ce genre d’atelier ? Je ne suis pas seule dans l’équipe. Je n’ai pas le monopole … Cette année, je me suis dit que je devais laisser la chance aux autres membres de mon équipe d’animer eux aussi certains sujets les concernant directement. Je me suis mise, cette fois-ci, en retrait, à prendre les notes. J’ai dû, alors , tout au long de cette semaine, penser à Mandela Senior et me répéter tel un mantra « Parler en dernier ». Il m’a fallu accepter de ne pas donner mon avis quand il n’était pas demandé, de ne pas intervenir afin de débloquer certaines situations… Le début de semaine fut difficile. Je n’ai pas tout de suite mis le doigt dessus. Je me  sentais frustrée, moins passionnée, plus fatiguée … Que m’arrivait-il ?

Je me pose ici une grande question métaphasique que je partage avec vous… Qui parlait réellement derrière cette frustration ? Etait-ce mon égo ?  Me suis-je sentie comme cela car je n’étais pas celle au-devant de la scène ? J’ouvre ici une parenthèse pour vous avouer que, par le passé, mon égo a toujours joué un rôle prépondérant dans mes grandes satisfactions comme dans mes plus grandes épreuves. Tout cela étant vrai dans mon travail comme dans ma vie perso. Combien de fois ai-je écouté mon mari ou ma meilleure amie en aillant déjà en tête la réponse que j’allais donner ou le sujet suivant ? Qui était la championne de l’interruption de parole quand elle était absorbée dans un sujet qui la passionnait? Moi, moi et re mooooooi !

Ecouter d’abord

Cependant, depuis plus d’un an, j’apprends à laisser de plus en plus cet égo de côté afin d’écouter réellement qui je suis et quelles sont mes réelles sources de satisfaction et d’épanouissement. Mais de temps en temps, le coquin revient au-devant de la scène pour se faire entendre. Très probablement la raison de mon mal être évoqué précédemment. Aujourd’hui, je souhaite toujours laisser exprimer ma nature leader/moteur mais je souhaite le faire pour de bonnes raisons. Je souhaite apprendre à rester, parfois, un peu plus en retrait pour laisser la place aux autres. Ecouter d’abord (réellement et activement écouter) et donner mon avis ensuite. Et surtout accepter que les autres peuvent avoir leur propre façon de faire les choses ou qu’ils ne pourront apprendre qu’en pratiquant et parfois même, éventuellement, en trébuchant. La liberté des uns s’arrête où commence celle des autres. Je suis libre d’exprimer mes qualités: sociabilité, leadership, optimisme ou ténacité. Mais cela ne doit pas se faire en étouffant ou écrasant les autres. Et cela est valable dans mes relations professionnelles comme dans mes relations personnelles.

Si nous devions résumer tout cela, j’enseigne à mon égo que prendre du recul n’est pas forcément renier qui je suis. Non, prendre du recul me permets de mieux écouter, de mieux apprendre, d’apporter mes points forts et mes qualités aux autres, de les faire grandir, exister, voire même se sentir aimés et appréciés. En définitive, prendre du recul me permet de faire s’épanouir une nouvelle partie de moi qui me conduira vers un bien plus grand sentiment d’accomplissement personnel. Celui de contribuer à quelque chose de plus grand que moi. Mais, bien évidemment, cela demande de l’attention et de l’entrainement. Alors suivons Mr Mandela Senior et un peu moins notre Monsieur l’ Ego !

 

Et vous qu'en pensez vous ?