Sur ma Route

Le Pilote Automatique ou Comment Regarder Filer sa Vie sans en Etre Acteur

Ai-je manqué des moments, des indices précieux en étant enfermée dans ce mode ?

Combien de choses faisons-nous machinalement… sans vraiment avoir l’esprit à ce que nous faisons ? Combien de fois me suis-je rendue compte que je marchais depuis 10 minutes en pilote automatique ? Sans me souvenir de ce que j’avais vu sur mon chemin ni de ce que j’avais à l’esprit… Ne parlons pas du nombre de fois où j’ai suivi un chemin machinalement en voiture. Par habitude, en ayant la tête ailleurs. Du nombre de fois que j’ai dû relire la même page d’un livre car arrivée en bout, je ne me souvenais plus de ce que j’avais lu. Mais plus grave… ça m’arrive de dire au revoir à ceux que j’aime en ayant la tête ailleurs, dans les choses à faire, dans mon boulot…

Ai-je manqué des moments, des indices précieux en étant enfermée dans ce mode ? Le pilote automatique est l’opposé radical de la pleine conscience. Et je me rends compte que la méditation m’aide à prendre plus rapidement conscience  lorsque je m’enferme dans ce mode. J’arrive même à lire des livres, aujourd’hui, alors que cela m’était tout simplement impossible par le passé. Si je pousse mon raisonnement à l’extrême, je profite mieux des petits moments avec ceux que j’aime en lâchant prise et en repoussant à plus tard ces ruminations qui font que je ne suis pas tout à fait présente…

Je souhaite me débarasser de cette désagréable impression de laisser défiler ma vie devant mes yeux sans en être réellement actrice.

Je me sens ainsi, peu à peu, moins dans cette espèce de brouillard épais et plus là, dans mon corps. A sentir, à regarder, à écouter et non pas juste à percevoir, voir ou entendre. Encore une fois, loin de moi la prétention de dire que je suis le Dalaïlama. J’ai toujours régulièrement des moments de pilote automatique. L’important, à mes yeux, c’est que je puisse en avoir conscience pour en sortir aussi souvent que possible. Je souhaite me débarasser de cette désagréable impression de laisser défiler ma vie devant mes yeux sans en être réellement actrice.

Toutes ces petites choses auxquelles je ne faisais pas attention avant, j’essaye de ne plus les prendre pour acquises : le vert du lierre qui pointe son nez sous les feuilles mortes et le bruit du ruisseau lors de nos ballades en forêt. Les expressions sur le visage de ma fille lorsqu’elle pense, qu’elle est en colère, qu’elle est heureuse. Ces petites rides aux coins des yeux de mon mari qui me font fondre. Cette vue de ma fenêtre sur les montagnes enneigées lorsque je travaille. Le goût de mon chocolat du soir quand je prends réellement le temps de les savourer… Je choisi de lever la tête ou de faire une pause dans mon activité ou mes pensées pour savourer ces petites choses, ces petits rituels.

Et si nous profitions de ces simples petits bonheurs ??

On dit souvent que c’est en perdant quelque chose que l’on se rend compte de sa valeur. Et si nous n’attendions pas de perdre l’un de nos sens pour réagir ?? Et si nous utilisions chacun d’entre eux pour profiter de ces simples petits bonheurs ??

Pour nous aider dans cette croisade, sachez que certaines méditations peuvent nous guider pour nous focaliser sur chacun de nos sens. Avec un peu d’entraînement, ça aide beaucoup, au quotidien, pour sortir son esprit du pilote automatique. Sur ce… je vous laisse y réfléchir et éventuellement pratiquer…

Et vous qu'en pensez vous ?