Sur ma Route

Le Château de Ma Mère

A toi mon grand frère

Pour ce Noël 2017, je souhaiterais t’offrir en cadeau l’ouverture de mon coeur. Comment se fait-il que je sois capable de me livrer au monde entier via ce blog et que je me retrouve aussi fermée face à toi ?

Je le sais. Tes blessures sont tellement similaires aux miennes… j’aimerais tellement te faire part de mes découvertes et de mon chemin. Je n’ai pas osé jusqu’ici, peut-être cette peur du jugement… Mais je crois qu’aujourd’hui il est temps. 

C’est elle qui nous aime de tout son être mais qui ne sait pas nous l’exprimer comme nous en aurions besoin.

Je voulais ici principalement te parler de maman. Car c’est elle qui nous aime de tout son être mais qui ne sait pas nous l’exprimer comme nous en aurions besoin. Et tu te rendras compte, si tu regardes autour de toi, que cela affectera toujours les relations aux femmes de ta vie ( ta fille, ton ex femme, ta copine, moi…).

J’ai longtemps évité le sujet… J’ai fait en sorte de partir à l’autre bout du globe, à deux reprises, pour fuir la situation et ne pas avoir à l’affronter. Pourquoi me manquait-elle autant quand j’étais loin d’elle et pourquoi, en revanche, être plus de deux heures en sa compagnie m’était autant insupportable ??? Suis-moi je te fuis… fuis-moi je te suis…

Je me souviens de ce sentiment d’incompréhension, d’injustice, de ne pas être assez bien.

Puis un jour, j’ai eu la petite puce. Et là, j’avais beau être à l’autre bout du globe, ces problèmes ont quand même fait surface. Je ne parlerais pas ici de mon babyblues mais de ce que j’ai découvert grâce à cela… Comme je le disais dans un précédent article, maman n’a jamais appris à dire je t’aime pas des mots ou par des gestes. Je ne me rappelle pas de tendres et longs calins avec elle où de tendres mots d’amour et de reconnaissance. Je me souviens de ce sentiment d’incompréhension, d’injustice, de ne pas être assez bien.

En Mars de cette année j’ai décidé de lui parler et de lui exprimer mes besoins. De lui dire que j’avais besoin d’entendre ses « je t’aime » autrement que par un service rendu ou du « merepoulisme ». Oui je sais, je viens d’inventer un mot… J’étais en larmes, et elle aussi. C’était très dur pour moi de dire ces mots et pour elle de les entendre. Mais je lui ai dit que j’avais besoin d’elle et d’une autre relation. Je lui ai parlé de moi et de ma première année comme mère. Elle m’a parlé de sa propre mère qui ne lui avait pas non plus appris la tendresse.

Cela veut dire briser des rempars qui ont été construits pendant des années.

Maman doit apprendre. Comme moi j’ai appris avec la puce : apprendre à donner mais aussi à recevoir . Apprendre avec les mots et avec les gestes. Si tu regardes peut-être que ta fille et toi devez aussi apprendre. C’est le chemin que j’ arpente actuellement. Maman doit apprendre que dire aux autres combien elle est fière de nous ne nous aide pas… c’est à nous même qu’elle doit le dire. Mais cela veut dire briser des rempars qui ont été construits pendant des années. Toi et moi avons construit les mêmes… C’est mon choix personnel que de vouloir les faire tomber.

C’est tellement facile de critiquer l’autre, de faire des remarques, de comparer. Mais c’est tellement plus dur pour nous de dire « Je t’aime », « Je suis fier de toi ». Pour une raison qui m’échappe, cela me paralysait, cela m’exposait. Peut être avais-je peur de ne pas recevoir en retour… Aujourd’hui j’apprends doucement le bonheur de simplement donner. Peu m’ importe le retour.

Je te le dis donc par cette lettre : Je t’aime et je suis fière de toi. Tu as aussi traversé des épreuves extrêmes ces deux dernières années. Mais tu es là avec ce rire et ce sourire qui m’ont réchauffé le coeur toutes ces années. Ils sont mes souvenirs d’enfance. Ne doute jamais de toi.

A vous tous qui lisez cet article.

Ne laissez pas le regard des autres vous affecter. Nous n’avons pas besoin de l’aval de qui que ce soit pour nous considérer comme « assez bien ». Malheureusement, tout le monde n’a pas les clés de la communication positive… et le jugement est toujours l’option la plus aisée… C’est à nous de décider de le prendre personnellement ou de le laisser glisser sur nous. Oui, je sais, plus facile à dire qu’à faire … Faire ce chemin avec mes parents et mon frère est un très bon exercice pratique !

Ne restons pas non plus sur des non-dits. Nous ne pouvons pas espérer que les choses changent sans parler de l’éléphant qui se trouve dans la pièce…Crever certains abcès peuvent parfois mener à de très grandes surprises. Ce noël fut d’ailleurs fort en discussions, certaines plus ouvertes et apaisées que d’autres. Certaines par écrit parce qu’il est parfois plus facile de se livrer de cette façon. Le chemin de la communication demande une certaine dose de courage mais est certainement le plus sain. Peut-être une idée de nouvelle résolution pour 2018 pour nous tous !!!

Et vous qu'en pensez vous ?