Sur ma Route

Du Baby Blues au Baby-Love…

Il m’a fallu 9 mois pour me rendre compte que quelque chose n’allait pas.

Ça c’est ma Doudounette. C’est une boule de bonheur. Insouciante, pleine de vie et pleine d’amour à donner. C’est l’une de mes sources de bienêtre et d’accomplissement aujourd’hui. Et pourtant, ça n’est pas venu naturellement au début… Il m’a fallu 9 mois pour me rendre compte que quelque chose n’allait pas. Je ne connectais pas émotionnellement. J’étais en train de traverser un baby blues assez sérieux voire un début de dépression postpartum. Je vous expliquerai dans un autre article pourquoi ça m’est arrivé.  Mais en attendant, je vais vous raconter comment je m’en suis sortie.

Enceinte j’étais sur un nuage mais aussi dans mon mode « mentalement structurée ». Je lisais des livres sur comment être la meilleure maman. Je préparais la chambre, les habits … Nous étions à ce moment-là aux Etats-Unis, en expatriation, loin de la famille. Je n’avais absolument aucune expérience particulière avec les enfants et encore moins les nouveaux nés. Ce mode planification me rassurait. Je ressentais clairement une connexion avec ce petit bout de vie dans mon ventre et j’avais hâte.

Puis, notre puce et arrivée sans complication le 21 Décembre 2014. Et là, je n’ai rien ressenti du tout. Comme si on avait pris le petit bout de vie qu’il y avait en moi et que l’on m’avait mis dans les bras une inconnue. Je n’ai rien dit. Je l’ai gardée contre moi à essayer de tout faire pour connecter avec ce petit être. 2 jours plus tard nous étions à la maison. D’énormes crises d’angoisse m’ont saisie. Je ne trouvais ni le sommeil ni l’appétit. Je me trouvais impuissante, pas à la hauteur, une énorme responsabilité sur les épaules.

Elle était parfaite… Comment ne pouvait-on pas aimer ce petit bout de vie ?

Au fur et à mesure de mon congé maternité j’ai pris confiance en moi. Je n’avais plus peur de manipuler ma fille et de lui fournir les soins dont elle avait besoin. Je savais que c’était mon devoir de la rendre heureuse et de m’occuper d’elle et je le faisais bien. Mais je planifiais tout et je ne m’autorisais pas à me poser ou me laisser aller. Lâcher prise quoi…Je sentais ce vide, ce manque de plaisir à être avec elle… J’avais honte. Je voyais mon mari en admiration. Elle était parfaite, elle dormait la nuit, elle ne pleurait pas, souriait… comment ne pouvait-on pas aimer ce petit bout de vie ?

Apres 8 semaines j’ai repris mon travail et suis même partie en déplacement à l’autre bout de la planète. C’était facile. Je n’ai pas ressenti ce déchirement que les autres mamans décrivent…je n’ai rien dit… Les mois passaient et je me sentais toujours fatiguée et intérieurement triste et sans motivation. Je ne profitais pas. J’ai même très mal vécu les 15 jours de vacances en France en famille. Alerté, mon mari m’a alors bousculée pour aller chez le médecin et là j’ai réalisé. Je faisais 8 kg de moins qu’avant ma grossesse.  J’étais en baby blues voire en dépression et je devais me reprendre en main. Je ne vous parle pas ici de l’impact sur ma relation de couple ; cela fera l’objet d’un autre article.

A ce moment précis, j’ai su qu’elle avait gagné mon cœur.

Alors je me suis secouée. Je me suis mise à faire du sport et à sortir avec ma meilleure amie. Je me suis mise aussi à essayer de vraiment connecter avec ma fille et non pas juste être physiquement là avec l’esprit ailleurs.  Le chemin a été difficile. Je ne vous le cache pas. Car, comme j’en avais à présent  conscience, je me jugeais beaucoup et je doutais chaque jour de mes capacités à donner à ma fille l’amour dont elle avait besoin. J’avais l’impression de lire dans les yeux de mon mari toutes ses attentes et ses déceptions. Mais, avec de l’aide, j’ai tenu bon.

Un beau jour, je m’en rappelle encore comme si j’y étais,  ma fille a fait son premier pas vers moi. Elle est tombée dans mes bras, ses yeux dans les miens. A ce moment précis, j’ai su qu’elle avait gagné mon cœur. Je me suis autorisée à l’aimer, à être douce, à lui témoigner mon affection sans vouloir être parfaite. Je me suis aussi autorisée, sans culpabiliser,  à prendre du temps pour moi.

Voilà plus d’un an et demi que mon amour pour elle grandit. J’apprends tous les jours. Je ne suis pas une maman parfaite et  suis parfois frustrée ou énervée. Ça arrive. Être parent n’est pas tout rose non plus. Je prends du temps pour mon mari, pour mon travail, du temps pour moi…et du moment que je suis bien et épanouie alors ma relation avec ma fille l’est aussi. Aujourd’hui je me suis pardonnée ces 9 premiers mois mais je regrette de ne pas avoir su en profiter. Ce sont de moments précieux que je ne pourrais pas revivre avec elle. Heureusement, la beauté d’être parents c’est qu’il n’est jamais trop tard pour changer les choses.

Il ne faut jamais s’oublier !

La première leçon que je tire de tout ça est que toutes les femmes ne sont pas forcément des mères naturelles. Mais cela ne veut pas dire qu’elles ne peuvent pas devenir des mamans merveilleuses avec le temps. La seconde leçon c’est qu’il faut toujours parler et ne pas hésiter à demander de l’aide. Il ne faut surtout pas s’enfermer dans la honte. Dans mon cas les conséquences n’ont pas été irréparables ni pour ma fille, ni pour mon mari mais nous aurions pu sortir bien plus rapidement de ce mal être. Enfin, pour qu’un enfant et la relation à ses parents soient épanouis, il faut que les parents soient épanouis en tant qu’individus. Prendre du temps pour moi ne fait pas de moi une mère indigne. Il ne faut jamais s’oublier !

 

Et vous qu'en pensez vous ?