Sur ma Route

Ce Besoin de Solitude Parfois – Savoir Ralentir pour Prendre du Temps pour Soi

Ma boule au ventre était là… et que me disait-elle ?

J’étais en train de finaliser un autre article, beaucoup plus terre-à-terre. Puis, je suis tombée sur ce titre… Un titre que j’avais laissé dans mes brouillons sans élaborer l’article allant avec. Mais, aujourd’hui, je ressens l’inspiration d’en faire quelque chose. De mettre des mots et des sensations derrière ce titre. Hier soir, j’avais enfin une soirée pour moi. Pour moi seule. La puce était couchée et je me retrouvais face à mon livre. Enfin ! 3 heures qui passèrent en un éclair. A 23h15 mon homme passe la porte. En temps normal, j’aurais senti ces petits papillons, cette joie d’entendre la porte et de le voir rentrer après une si longue journée. Mais cette fois-ci, ma boule au ventre était là… et que me disait-elle ? Je ne l’ai pas saisie tout de suite. J’en ai été même désagréable.

Ce matin, alors que je suis en chemin pour mes 3 jours sur Zurich, c’est évident. J’ai besoin de temps pour moi ! Et oui… Depuis notre retour des Etats-Unis, j’ai adopté un rythme très particulier. Je suis basée sur Zurich, pour mon travail, du lundi au mercredi et je rentre travailler de la maison le reste de la semaine. Je pourrais vous parler de cet équilibre et de comment nous faisons en sorte qu’il fonctionne mais cela fera partie d’un éventuel autre article. Ici ce qui est important c’est de comprendre que, avec cette routine, j’ai deux soirées pour moi et pour moi seule. J’en profite pour faire du sport, méditer en bord de rivière, écrire ce blog, faire du yoga… un rendez- vous avec moi-même privilégié que je dois au soutien phénoménal de mon homme qui gère notre puce ces deux soirs là.

Cette tendance à ne pas ralentir jusqu’à épuisement m’a souvent guidée.

Mais voilà, avec mes deux semaines en Chine, deux déplacements en Allemagne, des weekends aussi bien remplis par mon engagement associatif que par un temps précieux auprès de ma petite famille, il n’est pas resté beaucoup de place pour moi… Je commençais à le ressentir fortement sans vouloir l’admettre. A remplir mon calendrier et à vouloir en faire trop, j’ai souvent tendance à oublier de laisser place à moi-même. J’ai alors l’impression de ne pas reprendre ma respiration et d’être en apnée. Cette tendance à ne pas ralentir jusqu’à épuisement m’a souvent guidée.

J’ai donc besoin de prendre rendez-vous avec moi-même ce soir. Me retrouver et me ressourcer. Faire ce que j’aime sans ce sentiment d’être redevable de mon temps et de mon énergie pour d’autres que moi-même. Dans ces moments-là, j’ai alors le choix entre le repos, la remise en forme, la créativité ou l’inspiration. J’aime avoir ce choix et savourer cet instant où je décide de ce à quoi je vais utiliser ce temps précieux.

Mais alors… cela fait-il de moi une égoïste ? Cela signifie-t-il que je n’aime pas profondément mon homme et ma puce ? Ne devrais-je pas ressentir un manque, un vide insupportable lorsque je passe ce temps loin d’eux ? Et bien non. Je les aime profondément. Et c’est parce que je m’aime aussi et que je prends ce temps pour moi que je peux, ensuite, leur donner sans compter, sans rancune, sans ce sentiment d’injustice. Un exemple très frais ? Dimanche soir : Je n’ai pas eu de temps réellement pour moi pendant 10 jours. Je suis seule avec ma puce et inconsciemment je ressens ce besoin d’être seule. Je suis moins à l’écoute, moins patiente. Elle le ressent et me le fait payer durement. Elle devient alors très à fleur de peau, très émotive. Je n’arrive ni à gérer ses émotions ni les miennes. La soirée fut difficile…

Combien de place cela me laissera-t-il ?

Et si un jour je ne me déplaçais plus ? Et si je n’avais plus ces deux soirées où je suis « forcée » de prendre du temps pour moi ? Est-ce que mon besoin de perfection reviendrait au galop et me dirait : prends soin de ta fille, prend soin de ton homme, prends soin de ta maison, cultive ta vie sociale, prends soin de tes parents… Combien de place cela me laisserait-il ? C’est une discussion ouverte que j’ai eu avec mon homme que de souligner l’importance de cet équilibre pour moi comme pour lui. Il en est absolument conscient. Il remercie d’ailleurs cette séparation forcée initiale qui nous a fait prendre conscience de ce besoin fondamental pour notre couple. Nous ferons donc toujours en sorte de conserver cet espace.

Ne culpabilisons pas d’avoir besoin de cette solitude parfois. Cela ne nous rend que plus attentifs à ceux que nous aimons lorsque nous sommes en leur présence. Nous avons aussi le droit de nous retrouver seuls face à nous même pour y voir plus clair et nous ressourcer.

Un commentaire sur “Ce Besoin de Solitude Parfois – Savoir Ralentir pour Prendre du Temps pour Soi

  1. C’est un beau parcours dont tu partages quelques morceaux Marine… Apprendre qui l’on est, comment on fonctionne et de quoi on a besoin pour aller bien seul, ensemble, en famille. Essayer autant que possible d’éviter le piège du pilote automatique. Je me reconnais dans tes mots, et moi aussi j’ai la chance d’avoir choisi un compagnon de vie qui respecte ma nature secrète et solitaire. Lorsque se presente une plage de temps où je peux enfin me reconnecter, c’est un cadeau précieux pour moi et ensuite pour les autres. Je reviens plus forte. En ce moment nous en avons très – trop – peu. A suivre…

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